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Espace perso de Musiquezik delirium
May 01 La maison des autres (Bernard Clavel)La grande patience
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La maison des autres, c'est celle des Petiot, pâtissiers à Dole, où Julien Dubois, quatorze ans, entre en apprentissage.
Ses parents, boulangers retraités à la campagne, ont peu de moyens : il faut qu'il travaille et d'ailleurs le métier lui plaît. Nous sommes en 1937, il n'y a guère de lois sociales; même les "bons patrons" exigent de leurs ouvriers mal nourris un effort qui n'en finit jamais. Pourtant, Julien se sent heureux : il découvre la bonne odeur de la pâte chaude, la joie de créer des chefs-d'oeuvres éphémères, l'amitié du chef, la liberté des rues que l'on dévale panier sur la tête au gré du vieux vélo, l'amour avec Hélène, la solidarité ouvrière, le sentiment de responsabilité... Tout cela lui construit une maturité précoce, riche de l'expérience personnelle vécue à fond. Lorsque le livre se termine, il a seize ans, mais il est déjà un homme. March 29 les âges de la vie (de Christiane Singer)Chaque âge de la vie exprime une nouvelle métamorphose et contient son propre "pouvoir". Il possède sa beauté, ses ressources et sa magie. Il n'est surtout pas altération du précédent ! La décrépitude n'existe pas
L'auteur de "la mort viennoise", et de "la guerre des filles" nous dit pourquoi en explorant chacune de ces grandes périodes de l'existence : la gestation, les premiers mois, la petite enfance, l'adolescence, la jeunesse, l'âge adulte et la vieillesse - pour nous en faire découvrir la richesse et les secrets
Christiane Singer nous donne avec "les âges de la vie" un beau livre, troublant, émouvant, qui par son ferment sensuel, sa joie intérieure et l'amour de la vie qu'il exalte, fait naître et se prolonger jusqu'à la dernière ligne un bonheur de lecture d'une rare qualité March 05 Les peupliers de l'Indrois, de Dominique Ménager"Cette grand-mère souvent, la laisse toute pensive.
Où elle l'a le plus décontenancée, c'est quand elle lui a montré un vieux tableau qui avait été remisé dans le grenier depuis le déménagement du Breuil, et qu'elle veut accrocher sur un mur, dans sa chambre... ... Et pourtant ce tableau effrayant la fascine : elle y pense encore quand elle ne le voit plus. Elle l'évoque, dans son lit, avant de s'endormir et, parfois, elle en a peur et se met à pleurer.
Il s'appelle "les âges de la vie"
Elle savait qu'il y avait deux âges dans la vie : l'âge de raison et l'âge bête.
Et voilà qu'elle découvre qu'il y en a beaucoup, beaucoup, beaucoup d'autres, quatre qui nous font monter sur un grand escabeau et quatre qui vous le font descendre, mais de l'autre côté.
Comme il faisait bon vivre auprès de sa mère, l'intrépide Marie-Jeanne, l'héroïne de l'héritière du Breuil", auprès de son père Frédéric, le jeune et gai charron, avec ses frères et sa soeur. Tous avaient la même vitalité que ces peupliers bordant l'Indrois, et qui ont si bien grandi qu'il faut, aujourd'hui, lever haut la tête pour en contempler la cime.
Dans ce récit vivant et vrai revivent les années qui suivirent la Grande Guerre. Elles furent difficile pour les jeune couple, Marie-Jeanne et Frédéric. Les épreuves de santé ne les ont pas épargnés, et sans Sécurité Sociale, sans Allocations Familiales, ils ont dû faire face pour préserver la sérénité des quatre "quéniaux" qui étaient la joie du foyer.
February 15 Un moment de reposSuspendant sa sarclette au clou dans la muraille
la mort voudrait se reposer mais le patron l'appelle et veut que l'on travaille quel que soit l'état de santé la fatigue la tient la mort se sent bien lasse son squelette est rouillé
ses os la font souffrir un rhume la tracasse
elle a des cors aux pieds
si elle allait mourir que deviendrait la vie ?
elle extravaguerait
un magma turgescent gonflant à l'infini
le sol recouvrirait
et les cinq océans et ce bol biologique
vers le ciel monterait
l'univers bientôt cessant d'être astronomique
vivant exploserait
réveillant dans son coin cet être fonctionnaire
qui par hasard dormait
Reprends donc ta sarclette, ô mort vieux capitaine
fais ton petit métier
Raymond Queneau February 09 nuit de neigeLa grande plaine est blanche, immobile et sans voix
Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte. Mais on entend parfois, comme une morne plainte, Quelque chien sans abri qui hurle au coin d'un bois. Plus de chansons dans l'air, sous nos pieds plus de chaume. L'hiver s'est abattu sur toute floraison. Des arbres dépouillés dressent à l'horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.
La lune est large et pâle, et semble se hâter.
On dirait qu'elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre,
Et, voyant tout désert, s'empresse à nous quitter.
Et froids tombe sur nous les rayons qu'elle darde,
Fantastiques lueurs qu'elle s'en va semant ;
Et la neige s'éclaire au loin, sinistrement,
Aux étranges reflets de la clarté blafarde.
Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonns et court par les allées.
Eux, n'ayant plus l'asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent plus dormir sur leurs pattes gelées.
Dans les grands arbres nus que couvre le verglas
Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
De leur oeil inquiet ils regardent la neige,
Attendant jusqu'au jour la nuit qui ne vient pas.
Guy de Maupassant
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